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Jeux de rôle tiré de l'univers d'Anita Blake, tueuse de vampires.
 
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 Forsaken

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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Forsaken   Ven 13 Oct - 8:17

(Quoi le titre? king )

La solitude d'un vampire était un pléonasme, pensait David, alors qu'il se dirigeait sans trop s'en rendre compte, loin de son bar. Il avait délégué son travail à un employé, profitant de cette nuit de congé pour se promener et réfléchir un peu. Il était seul, c'était vrai, malgré toutes ces histoires de clan. Durant ces six siècles qu'il avait vécu, il s'était toujours senti plus ou moins seul. Pourtant, il y avait eu ce William, celui qui l'avait emmené de l'autre côté du monde, celui de la nuit, de la noirceur et des ténèbres. Mais il suffisait que Will ne soit pas physiquement avec lui pour que Dave sente à nouveau peser sur lui ce terrible fardeau qu'était l'éternité. Maintenant que William avait réellement disparu de la surface du monde, c'était encore pire. D'accord, il était 'mort' en 1697, mais le souvenir de ce soir là était toujours aussi douloureux pour David, qui ne s'y était jamais vraiment fait.

Las, David décida de s'échouer sur l'un des bancs du jardin public. Il avait quitté le District sans même s'en rendre compte. A vrai dire, on aurait pu croire qu'en s'asseyant dans cet endroit, il était un prédateur à l'affût, mais David ne chassait même pas. Il était juste là, déprimant à un point qui ne lui ressemblait pas. C'est vrai, on avait toujours l'habitude de voir un David de Sainte-Croix rayonnant, souriant, et toujours aimable. Ce n'était pas qu'il était hypocrite, loin de là, juste que son travail nécessitait de cacher ses sentiments réels, sentiments qui avaient besoin de s'exprimer cette nuit là.

Une fois assis, il regarda sans vraiment le voir un arbre, juste devant lui, et puis porta ses mains au visage. Il ne pleurait pas - David n'a jamais vraiment réussi à pleurer depuis la disparition de William - mais il était vraiment, mais alors vraiment fatigué de cette situation. Le changement ne semblait pas imminent, alors qu'il attendait déjà depuis si longtemps... Dépité, David émergea du calice de ses mains pour plonger son regard dans la lune, qui en était à son dernier quartier. Assis sur ce banc, David ne sut pas combien de temps il resta à contempler la lune et les étoiles avant d'entendre un bruit près de lui...
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Baltimore Browne
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MessageSujet: Re: Forsaken   Ven 13 Oct - 11:20

Il y a des fêtes absolument géniales qui finissent de façon merdique, et non, aucun autre terme ne conviendrait mieux .

Sheridan avait fumé la moquette . Ce n'était pas la première fois mais c'était la dernière . Il ( ou elle, on ne savait jamais trop comment dire ) s'était flanqué ( e ? ) sous un bus en démarrant sa bécane à grands coups de kick, et Baltimore qui, tout à fait dessaoûlée mais pas vraiment d'ablomb tout de même, revenait de l'hôpital, ne saurait jamais si il ( ou elle ) l'avait fait exprès . Ni ce que Sheridan, d'il ou elle, aurait fini par choisir . Elle s'en moquait, elle l'aimait dans les deux rôles . Et là, elle essayait rageusement de se remonter le moral en écoutant à fond dans ses baladeurs ''Cold'', de Static X, en appuyant son dos hypersensible à l'énergie pure d'un tronc d'arbre bien vivant, lui au moins, et en se répétant que tout valait mieux que de finir grabataire et médaillé, ou encore saigné par un vampire dans une ruelle sombre ...

La pleine lune était loin maintenant, mais le tigre se signalait de manière insistante .
Donne-moi de la chair et du sang, je te donnerai la paix .
Ce n'est pas vrai, tu prendras le contrôle et je n'aime pas ça .
Tu ne m'aimes pas ?
J'aimais mon pote qui vient de crever, laisse-moi l'aimer encore un peu, ça ne s'arrête pas comme ça . Et c'est mesquin de ta part de profiter d'un moment pareil .
Ma soif de pouvoir n'égale que la tienne .
T'es pas autorisé à parler de moi .
J'ai tous les droits ... je suis le plus fort, non ? C'est moi le maître de la meute, toi tu n'es qu'une petite paumée .
Et tu crois que c'est comme ça que je vais te libérer ?
Très bien, c'est un marché que tu veux ? Je te donne un vampire . Donne-moi un combat .

C'était vrai . Cette ombre sur le banc qu'elle regardait sans la voir depuis un bon bout de temps et qui ne se décidait pas à bouger était un vampire . Est-ce qu'il revenait aussi de l'hôpital avec de mauvaises nouvelles de quelqu'un qui lui était cher ? Oh, Baltimore, quelle idée . Il faudrait pour ça qu'un mortel lui soit cher, tu sais bien . Et il n'entend pas Static X ? D'habitude ils ont l'oreille plus fine que ça . Ou peut-être qu'il aime le heavy metal et qu'il profite de mon walkman à distance, ça ce serait bien leur genre ! Si je m'approche, je serai sûre qu'il m'entend et là il aura intérêt à dire quelque chose . Je n'ai pas envie de l'attaquer sans raison . Mais je lui fais confiance : ils sont les meilleurs pour donner aux honnêtes gens ce genre de raisons .

Toujours rien ? Il doit être perdu dans ses pensées .

''Toi aussi t'as perdu quelqu'un ?''

Baltimore voulait jouer la carte de la provoc mais sa voix qui n'avait pas eu l'occasion d'exprimer sa peine sourde et lancinante la surprit elle-même en imprimant aux mots une tonalité sérieuse qui mettait en péril le cynisme prévu . Derrière sa silhouette bleutée par le soir et harassée par la fête et la tension, les lumières de l'hôpital étincelaient sur toute une immense façade pleine de terreurs humaines et de miracles discrets . ''So, cold we're so cold ... we are ...''

Elle baissa brusquement la tête en arrachant les écouteurs de ses oreilles et ses cheveux lui revinrent sur le visage en crinière folle, elle venait de reconnaître le vampire ...
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Sam 14 Oct - 2:49

Ce bruit... de la musique? Brutale, hachée et pourtant la voix du chanteur et ce son de glockenspiel semblaient si doux et volatiles... Au refrain, David reconnût enfin la chanson, et les paroles finirent de l'achever. Ils étaient froids, comme la mort et la nuit, quoi qu'ils pourraient en dire. Dave laissa la musique en lui, ne cherchant pas à déranger celui qui l'écoutait dans le creux de son oreille. Il n'était pas forcément un fan forcené de ce genre de musique, mais un coup de temps en temps ne faisait pas de mal. Histoire de 'décrasser les oreilles', n'est-ce pas?

Puis, le propriétaire du walkman annonça sa présence. Cette voix lui disait quelque chose... Utilisant son acuité auditive haute définition, David devina que la personne présente, et amatrice de Wayne Static n'était autre que Baltimore Brown. La fréquence de sa voix était à coup sûr la sienne, mais son intonation insuffla le doute à David. Pourquoi était-elle si... fatiguée et triste? Balti était quelqu'un d'énergique, de purement ironique et de cassant. Ca ne lui ressemblait tellement pas... David, sentant que quelque chose n'allait pas, décida de répondre sans aucune once de cynisme ou de sarcasme:

" Oui, mais ça ne date pas d'hier tu sais. "

David soupira bruyamment et se décida à tourner ses yeux vers une autre direction que la lune et les étoiles. "We kiss the stars..." Comme si la chanson était faite pour ce moment précis. Ce hasard fit sourire Dave, bien qu'il n'eut rien de joyeux sur son visage, et encore moins dans son regard. Il tourna les yeux vers la métamorphe et lui lança:

" Tu peux approcher. Je n'ai jamais attaqué les tiens, et je ne le ferais probablement jamais. Et puis je n'ai pas faim ce soir. "

Le fait que David ne chassât jamais les métamorphes n'étaient en aucun cas un compliment ou une marque d'amitié, ou de diplomatie. Non, c'est juste que David avait toujours préféré le sang pur d'un humain innocent, et parfois il lui était arrivé de s'attaquer à des enfants. Pourquoi pas? Mais c'était risqué, alors il ne le faisait que pendant les grandes crises. Ah, quel banquet cette Révolution Française! Le XXe siècle avait été riche en guerres, mais il les avait loupées, et puis la nourriture serait toujours moins facile à trouver, si les soldats continuaient à se cacher comme des taupes traquées. Un militaire, quel délice... Maintenant que David y pensait, pourquoi n'irait-il pas en Irak profiter du spectacle et du menu? Rien de tel qu'un GI dont la CIA, face à un crime si inhabituel - était-ce d'ailleurs si inhabituel? - établirait sa propre vérité et rendrait le corps à la famille , stipulant qu'il était mort au combat, pris en embuscade! Pris dans ses pensées, David ne se rendit pas compte qu'il commençait à parler:

" Tiens, j'aimerais bien aller en prison, juste pour voir ce que ça fait... "

* Mais sans les promenades... *

Non finalement, c'était une idée stupide, sauf s'il voulait se suicider. Mais... et si c'était exactement ce qu'il voulait?
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Baltimore Browne
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MessageSujet: Re: Forsaken   Sam 14 Oct - 4:24

Il y avait une autre voix maintenant dans celle du chanteur, qui se déchaînait après un moment de murmure aux suggestives ondulations, une voix qui n'était encore que très rarement sortie de la tête de Baltimore et qu'elle voulait faire taire ; elle écrasa subitement le walkman en refermant son poing dessus de toute la force de ses griffes, qui ne demandaient qu'à transpercer sa propre peau avant d'en chercher d'autres à déchirer ... le silence lui fit l'effet d'une douche froide, mais c'était à lui qu'il allait falloir s'habituer maintenant, n'est-ce pas ?

Approcher . Et si ça ''la'' réveille ? Je suis trop fatiguée pour la retenir si elle se met en tête de passer outre à mes ordres . Rends-toi compte, je suis même trop fatiguée pour rejeter ton offre, vampire . Et me voilà assise sur le banc à tes côtés, abandonnée au courant sur cette planche de salut empreinte de l'odeur du sang . Je t'écoute réfléchir . Je ne sais pas à quoi, c'est bon pour ces tricheurs de télépathes, mais tu exhales tout de même une musique qui convient au rythme actuel de mon coeur, et peut-être est-ce la solution pour m'apaiser enfin et redevenir moi-même ... peu importe que tu sois un vampire et un concurrent, je prendrais n'importe quelle substance douteuse en un moment pareil .

Perdu quelqu'un il y a longtemps . C'est peut-être de toi-même que tu parles, et un jour viendra, si je ne trouve pas moi aussi un moyen de me faire tuer, où ce sera mon tour de retourner de semblables pensées dans ma tête .

''J'ai fait un an dans une maison de correction assez dure du programme WWASP'', répliquèrent tout à coup ses lèvres à l'insu de ses pensées . ''Qu'est-ce que tu veux savoir ?''

Elle connaissait son sujet, ayant expérimenté durant son séjour tous les châtiments pratiqués et ils étaient légion . Mais elle n'en avait jamais parlé . Et tout en se replongeant subitement dans ces souvenirs interdits, essayant de mettre des mots dessus au cas où Dave la prenne au sérieux, elle s'imaginait le vampire soumis aux mêmes traitements et trouvait la situation si grotesque qu'une sorte de colère l'envahissait . Ce n'était pas pour Dave de Dead Dave's, tout ça . Qu'est-ce qui l'autorisait à en parler ?
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Dim 15 Oct - 10:14

David n'aurait jamais pensé qu'il avait parlé à voix haute, et encore moins que Baltimore ne lui réponde. Quand il percuta, et se rendit compte qu'en fait, elle ne faisait que lui répliquer, il sourit nerveusement et secoua la tête.

" Non c'est bon. C'est moi, je divague et je dis n'importe quoi. "

En fait, Dave ne voulait pas savoir ce que cela faisait d'être enfermé et soumis au bon vouloir des gardiens ou des autres détenus. Et puis, en prison, son secret aurait été découvert, et Dieu sait ce qu'ils auraient pu lui faire. Enfin, façon de parler. De par sa condition de vampire, David se foutait un peu de Dieu. Pas qu'à cause de sa condition en plus.

Et le voilà, assis près de Baltimore Brown, dans un jardin public désert, au milieu de la nuit, avec comme seule témoin la lune pâle et déjà rongée par le croissant qui s'annonçait. Il n'y avait ni brume ni vent, mais l'air était un peu lourd, à moins que ce ne soit simplement l'ambiance qui se matérialisait aux yeux de David. Ni lui ni Baltimore ne parlaient.

Le silence les enveloppait de son manteau froid, et bientôt, David ne pensait même plus. Il observait et écoutait, à l'affût du moindre geste ou mot de Baltimore. En réalité, il était anxieux pour on ne sait quelle raison, et il ne savait pas quoi dire. Alors il restait là, assis, à ne rien dire, ni bouger, attendant simplement que l'autre fasse le premier pas, si elle s'en sentait la force et le courage bien évidemment. A croire qu'il pourrait rester là toute la nuit, et décider de rentrer quand l'aube se profilerait dans le ciel, à grands coups de pinceau rose, orange et vert.

David leva la tête vers le ciel: ce dernier était toujours aussi noir et tacheté d'étoiles, que l'on pouvait voir clairement, le ciel étant clair cette nuit là. Il resta là, les yeux plongé dans le ciel infini, oubliant presque la présence de Baltimore à ses côtés, et se sentant pourtant déjà mieux. Il n'était plus physiquement seul, bien que son moral fut toujours à un niveau bien bas.
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MessageSujet: Re: Forsaken   Dim 15 Oct - 13:59

Mais qu'est-ce qui lui arrivait à ce vampire ?
Une fois Baltimore avait été amoureuse d'un de ses professeurs de fac, une belle métisse aux cheveux éthérés de Marylin Monroe et aux yeux comme toujours plissés par un éternel sourire, qui faisait ce métier par obligation, en attendant de publier son premier livre pour enfant . Amour secret, platonique et non partagé comme il se doit en pareil cas, plus un jeu entre camarades désoeuvrés qu'autre chose, mais ça lui revenait en mémoire plus vrai que nature depuis quelques instants .

Quant à la démangeaison de bataille qui lui faisait se tordre machinalement les doigts, elle semblait s'être apaisée depuis que le chanteur avait fermé sa grande gueule . Mais Baltimore qui ''connaissait la bête'' ne relâchait pas son attention pour autant . C'est peut-être cette impression de défendre son beafsteak sur deux fronts qui la rendait légérement irritable et nerveuse . Quoi qu'il en soit, un vampire déprimé, c'était comme ... comme une prof qu'on vénère pour son corps de rêve et ses cours d'enchanteuse et qui se mettrait au beau milieu du cours à délirer sur le peu de sens de sa vie ici-bas . C'était contre-nature . C'était blessant .

''Euh, l'autre jour j'ai vu que tu tirais la tronche parce que je surveillais ta conversation ... enfin c'était ton client qui m'intéressait . Bref, façon de parler ...'' Si Dave se rappelait qu'au dit moment elle était déjà censée être en galante compagnie avec un type rencontré sur place, qu'est-ce qu'il allait penser ? ''Donc je vais jouer cartes sur tables, je prends des notes sur vous . Les vampires .''

Elle ouvrit une fermeture éclair dans la parka ramassée à la fête et qui de toute évidence était à quelqu'un de bien plus large qu'elle . Le carnet qu'elle en sortit fut aussitôt tendu au vampire comme si elle risquait de changer d'avis, et s'ouvrit automatiquement à la page : ''Découvrir si ils regrettent les couleurs du grand jour .'' Baltimore se hâta de le refermer . Tiens, sur cette page elle avait justement fait une allusion à cette chanson, ''hide from the sun'', et aussi à ''cold''... Un truc vraiment tordu, qui trouvait dans les paroles en apparence communes un sens caché révélant le rôle des vampires sur cette terre et l'origine de leur existence . C'était pas elle, d'ailleurs, qui avait trouvé ça . C'était Sheridan . Qui avait encore fumé .

Baltimore cligna imperceptiblement des yeux et rouvrit à la même page .
''Dis-moi que c'est pas idiot .''
On pouvait lire, dans une écriture abréviée mais d'un dessin irréprochable, contre laquelle même les années d'amphi n'avaient rien pu faire : ''so cold we're so cold we are : si froid nous avons si froid nous avons . EN REALITE : cold, we're so-called [...] : we are . Ainsi, froids, nous sommes ceux qu'on appelle [ un blanc ] = nous existons . Comment on peut le comprendre : pour morts ( froids ) que soient les vampires ( nous, cf contexte film ), ils ont leur place en ce monde ( exister ) et ce, dans ce que la langue humaine n'ose dire ( un blanc : dans la chanson, place à la musique pour exprimer cet indicible . ) Donc, en quelque sorte, les anges de la peur . Ou peut-être de la mort .''

Au moins, ça devrait le faire rire .
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Mar 17 Oct - 13:35

David était en train de déprimer, totalement silencieux, lorsque la voix de Baltimore s'éleva. C'était une sorte d'excuse implicite, du moins aux oreilles fines du vampire. Elle avouait qu'elle avait écouté les conversations vampiriques au Dead Dave's, et qu'elle prenait des notes sur le clan de David. Ce dernier fronça les sourcils, soupçonneux.

* Qu'est-ce qu'elle me mijote celle-là? *

Elle lui tendit un blocnotes qui s'ouvrit à une page qui réveilla David d'un coup: 'Savoir s'ils regrettent les couleurs du jour'... Mais, qu'est-ce qu'elle cherchait exactement? Un point faible? Ce genre de point faible? Cela ne la mènerait nulle part! Ou alors elle se passionnait pour la sociologie vampirique, et si on prenait en compte le fait qu'elle était une métamorphe, là, elle était vraiment plus timbrée que David n'aurait jamais osé l'imaginer. Enfin... chacun ses passions, n'est-ce pas? Du moment qu'elle ne venait pas lui demander la couleur de son caleçon, tout était ok.

Elle se mit alors à lui débiter un discours, décortiquant habilement, quoiqu'un peu à tâtons, la chanson qu'elle écoutait un peu plus tôt. Elle lui demanda alors si ce n'était pas complètement stupide. David rit doucement et lui répondit avec un sourire retrouvé:

" Non ce n'est pas idiot. Mais ce n'est certainement qu'une coïncidence... les mots sont comme les chiffres: on leur fait dire ce que l'on veut, pour le peu qu'on soit suffisamment doué. Je ne pense pas que le parolier ait jamais pensé à ce genre de sous-entendus. "

David de Sainte-Croix n'était pas hilare, simplement Baltimore avait réussi à l'amuser un peu. Etonnant, pensa le vampire, qui ne chercha pas vraiment à retrouver sa ténébritude habituelle. Au moins, il savait qu'avec Balti il n'avait désormais plus à faire semblant, ce qui était un soulagement véritable.

" Baltimore... je ne sais pas dans quel but exact tu fais ce genre de recherches, mais si jamais tu les retournes contre nous, tu nous le paieras. Mais bizarrement, je crois que ce n'est pas ton intention. Ton intéressement pour les vampires me fait même un peu peur, j'avoue. Et non, les couleurs du jour ne me manquent pas... Au début oui, peut-être, mais au bout de six cents ans, on s'en passe aisément tu sais. "

David se mit à sourire délicatement, de ce sourire qui éclairait son visage. Il allait bien mieux, et il ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être parce que Baltimore avait réussi à lui retirer William de la tête, du moins temporairement. Si Will n'était plus de ce monde, Dave était encore là, et il ne devait plus déprimer ainsi... Certes, le blond lui manquait, mais qu'allait-il faire? Se suicider sous les rayons meurtriers du Soleil? Non, certainement pas. Il avait son bar, son clan et ses amis. Et peut-être Balti, bien qu'il ne sache pas encore comment la considérer exactement.
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Baltimore Browne
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MessageSujet: Re: Forsaken   Mar 17 Oct - 14:27

Pourquoi ?

Heu ... parce que j'aime traîner dans des bars au milieu de la nuit ?

Alors ça, c'était une bonne question ; au fond, il était grand temps qu'elle se la pose, maintenant qu'on lui mettait sous les yeux le fait accompli ... elle ne savait plus vraiment pourquoi elle avait ciblé ses recherches sur les vampires et principalement la faune du Dead . Une excellente question, dont la réponse aurait peut-être nettement moins bon goût .

Baltimore savait naturellement pourquoi elle tournait en rond en regardant les inconnus du coin de l'oeil, prenait des notes et chauffait des mecs d'un soir en prenant des allures de paumée sympa et bien bâtie . C'était parce qu'on était un jour venu la chercher au milieu d'un épreuve d'ancien anglais, pour lui apprendre que ce jour-là elle ne pourrait rentrer chez elle qu'en passant par les cases déménagement provisoire, emprunts à la banque, grands travaux et cimetière . Après des coups comme ça on a tendance à se méfier, surtout quand on ignore les raisons de l'attaque, l'identité des partis en présence, et qu'on se retrouve tout seul pour peser le pour et le contre en attendant que ça recommence .

Et quant à sa suspicion à l'égard des vampires ... on l'avait élevée au son des refrains métamorphes faisant de ces monstres buveurs de sang les pires fourbes d'ennemis que l'on puisse se faire, et elle avait toujours ricané, alors maintenant elle se disait, avec une pointe de culpabilité, qu'elle avait peut-être eu tort ...

Bon, maintenant il fallait faire le lien entre tout ça, qui au bout du compte était assez logique, et sa fréquentation du bar de Dave, plus assidûe que celle de la plupart des clients ''normaux'', c'est à dire nocturnes et bien pourvus en attributs dentaires . Et c'est là que le bas blessait . De plus, elle était bien obligée de le reconnaître, sa curiosité intellectuelle avait pris le pas sur la mentalité de l'espion en territoire ennemi . L'orientation de ses notes le prouvaient : en effet, tout ça ne pouvait servir à rien, pas dans l'optique d'un affrontement en tout cas . On aurait presque dit une tentative de dialogue .

Nouvelle question : avec qui exactement ?

Bon, on allait peut-être s'en tenir là pour le moment hein ... oui, il y avait déjà ce point qu'elle pouvait éclaircir :
''Contente pour toi, même si je ne sais pas comment tu fais ... Et je ne m'en prendrai pas à vous si vous n'avez rien fait contre moi .''
Elle hésita un instant mais les mots prirent leur envol d'eux-mêmes ...
''Ou les miens .''

Dire qu'on lui reprochait d'être trop jeune, égocentrique et insouciante, de ne pas prendre assez à coeur les intérêts du clan, de n'être que la lionne passante en attente d'un maître et compagnon propre à raffermir la discipline et les rênes du pouvoir . Si on l'avait vue faire passer ce message au peuple des vampires, on aurait crié au sosie . Sauf qu'elle n'était pas sur ce banc du parc en tant qu'émissaire diplomatique ...

''Je m'intéresse à ... vous, voilà, c'est tout ce qu'il y a à dire . Je ne vois pas ce que ça a d'inquiétant . Je suis sûre que tu as des manies bizarres pour un vampire toi aussi de ton côté,'' se défendit-elle en haussant les épaules pour faire remonter son col autour de son cou, un peu frissonnante .
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Jeu 19 Oct - 3:08

David s'amusa du temps que Baltimore mettait à répondre. Serait-elle déstabilisée par cette simple question, on ne peut plus prévisible? Apparemment... Enfin, elle répondit quand même au vampire, tentant de ne pas mettre en évidence le fait qu'elle espionnait à des fins hostiles. Elle lui répondit également au sujet de la couleur du jour, un peu froidement pensa d'ailleurs David.

" Tu sais, ça peut paraître inquiétant quand on pense que nos deux clans ont pour passe-temps favoris de se faire des coups bas. Mais bon, je te crois. "

Entendez par là 'je te fais confiance', chose que David n'aurait jamais pensé accorder à une métamorphe. Mais peut-être qu'il avait toujours eu tort. Oh, et puis qu'avait-il contre ce clan aussi? Une vieille vendetta de son camp, rien de plus. Et surtout, rien de personnel. Tout allait bien. Quant aux manies bizarres de David...

Ce dernier ouvrit de grands yeux et sourit, au bord du simple fou rire. Lui? Des manies...

" Attends que je réfléchisse... Euh, non je n'en ai pas... A moins que composer des cocktails imbuvables en fasse partie, mais il faut bien que je mette à jour ma carte, non? "

Dave rit doucement, d'un rire discret et presque pudique. Il n'était pas d'humeur à éclater d'un rire bruyant et expansif. Et puis, avec une métamorphe, ça ferait mauvais genre. David n'avait rien contre Baltimore, au contraire, mais tant qu'il pouvait préserver une certaine image auprès de son clan, il le ferait. Le respect de la hiérarchie avant tout.

Alors, David ajouta, sans même s'en rendre compte, ne tiltant qu'une fois que les mots étaient déjà sortis:

" Ecrire des lettres à un mort c'est une manie bizarre? "

A peine eut-il fini sa phrase, prononcée sur un ton bas et presqu'au niveau du murmure, que David se redressa et écarquilla les yeux. Il l'avait dit? Non... Mais qu'est-ce qu'il venait de faire???

* Mais pourquoi j'ai dit ça moi... *

Le voilà dans de beaux draps... il espérait sans grande conviction que la curiosité de Balti s'arrête là, mais bon il ne fallait pas trop rêver non plus...
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Baltimore Browne
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MessageSujet: Re: Forsaken   Jeu 19 Oct - 14:15

''Ah, oui, je confirme . En tout cas si je représentais la norme ça serait bizarre parce que je ne l'ai jamais fait ! Par contre, ne déprécie pas tes cocktails, en tant que femme du métier je considère ce genre de chose comme une sorte de sacrilège .''

Et veux-tu cesser de rire comme ça, on le sait que tu es craquant quand tu veux et que tu as de jolies dents . Enfin, il y en a bien deux qui me poseraient un léger problème si ... Houlà ! miss Baltimore, mais à quoi allez-vous donc penser là ...

''Pour en revenir à ta récente confession,'' reprit-elle le plus sérieusement du monde ( on lui reprochait souvent de donner trop volontiers son opinion sur les problèmes de ses amis et de plus ressembler à un psy qu'à un magistrat dans ces moments-là ) ''je crois que continuer à écrire ces lettres n'est pas si grave du moment que tu en écrivais déjà du vivant de la dame en question . C'est en quelque sorte la marque tangible et pour ainsi dire religieuse de ta fidélité .''

''Par contre si tu ne te confiais jamais à elle, et que tu n'as décidé de le faire qu'alors qu'elle ne pouvait plus t'entendre, il y a dans ce revirement quelque chose de pervers : tout d'abord dans une certaine mesure sa mort a signé pour toi comme une libération, et d'autre part, tu dois éprouver un besoin d'expiation ... en d'autres termes, ton subconscient est symboliquement coupable de cette mort . Tu es donc enfermé dans un jeu hypocrite, malsain et auto-destructeur, qui consiste à singer le regret, peut-être jusqu'à t'en infliger volontairement la souffrance, pour éviter d'affronter le remords .''

Elle lui sourit, quant à elle de toutes ses dents ; c'était un apanage qui faisait la fierté de tout bon métamorphe capable à la fois d'en contrôler la taille à volonté et de faire vraiment très mal avec .

''... Mais je suis sûre que ce n'est pas ton cas . Pas que tu aies l'air équilibré, mais je le sentirais si tu étais ... disons ce genre de pervers . Et franchement, tu veux que je te dise ? Comme vampire, manies comprises, t'es pas mal fabriqué dans ton genre .''

Et un coup de patte amical sur l'épaule, pour faire bonne mesure .

Ce serait plutôt mon cas ... si je n'étais pas tellement certaine que des morts rien ne reste, rien à accuser, rien à qui demander pardon ... comme aux temps barbares où leur chair était consacrée rituellement à la régénération de la meute . Mais je suis une fille moderne, et mes penchants autodestructeurs restent à l'intérieur, bien sages en compagnie de la bête, et ils s'entredévorent à grand bruit, et pour les défier je leur dis : continuez ! voilà une musique que j'aime ... et ils continuent .

A ton avis, pourquoi je connais si bien mon rayon ? C'est pas pour les études de psychologie de la grande criminalité que j'ai tellement creusé la question .
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Ven 20 Oct - 19:44

David savait bien que Baltimore trouverait sa manie bizarre très... bizarre. Mais il fut quand même surpris qu'elle réagisse aussi bien. C'est presque comme si... ce n'était pas grave. Or, pour Dave, cette habitude était aussi irrésistible que honteuse. Pourquoi avait-il besoin à ce point d'écrire des choses qui ne seront jamais lues par quelqu'un d'autre que lui-même? C'était stupide et insensé.

Baltimore se mit alors à parler, et c'était comme si elle donnait un sens à cela. David l'écouta attentivement, même si son jargon psychanalytique l'ennuyait un peu. Okay, elle voulait simplement jouer les psy. Le seul problème était que David n'aimait pas trop les psy. Qu'à cela ne tienne! Baltimore ne fut pas longue.

Néanmoins, Hippolyte ne put réprimer un petit sourire en entendant Balti parler de 'dame'. Oh, s'il devait y avoir une 'dame' dans cette histoire, ce n'était certainement pas William qui allait endosser ce rôle, même si ça lui était déjà arrivé. Quand il était encore là, il y a plus de trois cents ans, Will et Dave avaient eu chacun, et tour à tour, leur crise de féminité. Passager heureusement. En y repensant, Hippolyte sourit à nouveau, un peu plus largement. Ca c'était vraiment amusant.

Puis, Baltimore conclua en affirmant que David n'était pas un des pervers desquels elle parlait. Tant mieux, parce qu'il n'avait jamais rien caché à Will, et même s'il ne lui était pas physiquement fidèle, jamais personne ne pourra le remplacer durablement dans le coeur de David. William était comme un fond musical indémodable sur lequel défilaient les images de la vie de Dave.

Le vampire fut on-ne-peut-plus surpris quand il sentit la tape de Baltimore dans son épaule et qu'il se rendit compte de ce qu'elle venait de dire. Un compliment? Sans rire et sans ironie? Wow... et bien... Dave sourit doucement et lui répondit:

" T'es plutôt bizarre comme métamorphe, à complimenter ainsi un vampire, mais bon, j'ai rien contre toi au contraire. "

Il sourit plus largement et ce fut avec un regard remplit de malice et de complicité qu'il lança à Baltimore:

" Et sache que j'ai toujours été fidèle, et que je n'ai jamais caché quoi que ce soit à William. "

Il attendait de voir sa réaction, même s'il se doutait que Baltimore ne serait pas choquée par si peu. Il ne voulait pas non plus qu'elle le crie sur tous les toits, parce que c'était sa vie, mais jamais David ne s'en était réellement caché.
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Baltimore Browne
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MessageSujet: Re: Forsaken   Sam 21 Oct - 5:38

''Ah d'accord .''

Bizarre comme métamorphe, elle s'en doutait, merci . Elle le cultivait même à ses moments perdus, et prit donc très bien la remarque . Mais alors William, elle était à mille lieues ... pour elle c'était une histoire de romance classique, limite conte de fées, dans le genre ''Dracula'', la façon la plus courante dont elle se représentait le vampire de base .

William, donc ? Bien, bien, bien ...

Ses griffes s'allongèrent de quelques millimètres et des rayures commencèrent à se dessiner sur son visage froncé, comme les ombres torsadées de cheveux de Méduse invisibles . Cela ne dura qu'un instant, le temps qu'elle se fasse peur à elle-même puis qu'elle reprenne le contrôle de ses nerfs, mais le changement d'aura avait dû être tout sauf imperceptible . On lui avait même déjà dit que le moment de la métamorphose lui donnait une odeur d'eau de toilette pour homme ! Mais vu la personne qui avait dit ça, elle n'était pas sûre de pouvoir s'y fier ... enfin ça ne l'aurait pas dérangée, c'était une odeur qu'elle adorait .

''Je m'excuse . J'ai été surprise .''

Est-ce qu'elle était sincère ? Pas vraiment . Elle avait été choquée, furieuse, hostile, vexée peut-être . C'était déjà calmé . Mais elle ne pouvait pas faire comme si de rien n'était .

''D'habitude je ne réagis pas comme ça . C'est peut-être à cause de mon ami qui vient de se tuer, je dois être à cran, faut comprendre ... je ne voulais pas te ... Je m'excuse .''

Il fallait toujours qu'elle comprenne . Qu'il y ait une raison . Depuis que tout était devenu tellement absurde .

Une goutte de sang perla sur la paume de sa main fermée, qu'elle ouvrit pour la cueillir à la pointe de sa langue . Ses griffes l'avaient égratignée, en la prenant de vitesse avant qu'elle n'ait le temps d'ouvrir le poing . Blessée . Voilà le mot . C'était plus absurde que tout le reste réuni .

[ floode : https://www.youtube.com/watch?v=YPkVvI3Y3aY&mode=related&search= lol ]
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Jeu 26 Oct - 7:02

David n'aurait jamais pensé que cette simple remarque, sous forme de coming-out en demi-teinte, sous-entendu et discret, aurait pu choquer Baltimore à ce point. Il avait vraiment dit quelque chose de mal, ou de déplacé pour qu'elle perde le contrôle, même temporairement, du tigre qui la possédait? Il fallait croire, car David ne pensait pas que Baltimore soit du genre à ne pas pouvoir contrôler son côté animal. En même temps... Hippolyte n'était pas censé connaître les moindres facettes des métamorphes, et il se trompait peut-être.

Mais le vampire n'eut pas le temps de parler, car Baltimore reprit la parole, pour s'excuser. Oh... mais dans le fond, ce n'était pas si grave... Hippolye esquissa un sourire compréhensif, signe qu'il ne lui en voulait absolument pas. Et puis, même s'il ne pouvait pas dire que la page était tournée et que c'était de l'histoire ancienne, William faisait quand même partie du passé, alors il n'y avait pas vraiment de quoi se mettre réellement en rogne.

" Arrête de t'excuser, c'est inutile. T'es pardonnée. Et puis... "

Balti avait mentionné un ami à elle qui venait de mourir. Enfin, 'se tuer' voulait plutôt dire 'se suicider' non? Bizarrement, David n'avait pas envie d'en savoir plus, et il ne demanda donc rien de plus à Baltimore. Il resta assis, rêveur, tentant de se calmer, et de relativiser. Will n'était plus de ce monde, ça il le savait depuis plus de trois cents ans. Alors pourquoi s'acharner à rouvrir une plaie qui ne guérira jamais? Le vampire en vint à la douloureuse conclusion qu'il était masochiste. Il n'y avait pas vraiment d'autre explication...

En voyant Baltimore se lécher la main, celle qu'elle avait malencontreusement ouvert en s'enfonçant les griffes dans la paume, David se sentit tout de suite moins seul. Deux masos assis sur un banc d'un jardin public, au beau milieu de la nuit. Sûr que ça faisait un chouette tableau non? Hippolyte se força à stopper son cynisme et son sarcasme. Mais quand il regarda à nouveau Balti, la voir se lécher la paume lui donnait faim. Et il n'y avait personne dans les environs... Si David ne bougeait pas, il allait certainement devoir attendre la nuit prochaine. Finalement, c'était mieux quand il n'avait pas faim, même si le recouvrement de l'appétit était une bonne nouvelle en soi. David allait mieux, et Baltimore y était pour quelque chose, c'était évident. Mais de là à la considérer comme une amie...
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MessageSujet: Re: Forsaken   Jeu 26 Oct - 16:37

Les yeux de la jeune fille devinrent fixes brusquement tandis qu'elle relevait la tête, tous les sens en alerte, oubliant un instant son interlocuteur et sa si agaçante révélation de dernière minute ...

Une odeur très légère s'était élevée, qu'elle n'avait été capable de sentir qu'une fois transformée même brièvement, mais qu'elle aurait reconnue entre mille . Et dans le Carré Français encore bien, ce petit ''quartier'' du parc où des plantes classiques telles que roses trémières et tulipes étaient arrangées à la façon d'un petit jardin du Trianon .

Dans ''son'' territoire . Le Carré était éloigné du Lunatic, et en fait rarement surveillé par les membres du Pard, mais en dépendait directement suivant les lois compliquées de l'étiquette métamorphe .

Peut-être parce qu'y étaient enterrés, sous les racines, les os de la main droite de la mère de Baltimore Browne ...

En tout cas un personnage connu était en train de s'y livrer à son activité favorite : dealer . C'était Janos Captain, un ''pote'' de Sheridan et donc une ancienne connaissance de toute la bande de Baltie . Et avec lui, c'était ''le couple maudit,'' Roschen et Dalina . Eux étaient vraiment censés être des potes de Sheridan ... et ils savaient, pourtant : Baltimore venait de leur téléphoner de l'hosto . Elle était dégoûtée ... enfin, sa part humaine . Sa part tigre étrangement était plutôt alléchée .

''Voyons les choses en face : je devrais être transformée, et toi en train de chercher le meilleur moyen de me vider de mon sang . On fait pas notre boulot sérieusement, là, monsieur le vampire . Mais je crois sincèrement qu'il y aurait quelque chose à faire pour améliorer encore notre petite performance .''

Et tu peux penser à ça si ça t'amuse trente secondes ; je crois qu'au fond je l'envisageais aussi comme une possibilité . Dans le genre ''je serais presque assez désespérée et avide de distractions pour me taper un bel incube consentant, là, tout de suite, dans les buissons du parc juste devant nous .'' Mais pas de soucis à se faire, je suis calmée ( ya de quoi en même temps faut dire, tu parles d'un râteau ) ... il y a nettement mieux à faire pour sceller notre absence de sérieux dans le travail .

''Je vais chasser,'' sourit-elle en se levant et en étirant ses bras . ''Tu m'accompagnes ? Je t'invite . Ben oui, je vais pas retourner squatter chez toi et toi tu vas pas mettre les pieds dans mon bouge ... Et on va quand même pas aller s'en envoyer un derrière la cravate chez ce tocard de l'Offrande, si ?''

Elle esquissa une révérence de marquis d'opérette de sa main blessée, en lui tendant l'autre ( on n'est jamais trop prudent ... ) comme pour l'inviter dans les formes à danser le prochain menuet . Les yeux courtoisement au sol comme il se doit ...
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MessageSujet: Re: Forsaken   Sam 28 Oct - 2:45

Baltimore ne semblait pas vraiment écouter ce que David disait. Elle était intriguée par autre chose. Faisant confiance aux métamorphes en ce qui concernait ce genre d'intuitions, Hippolyte se tut, et laissa Baltimore lui expliquer la situation.

N'empêche qu'il n'avait pas compris pourquoi elle s'était mise dans un tel état juste parce qu'il lui avait dit que son plus grand amour - voir le seul en définitive - avait été un homme. Elle était homophobe ou quoi? Non, décidément non, David ne pouvait pas croire une telle chose de Balti. Elle était quoi alors... jalouse? A vrai dire, le vampire avait du mal à croire qu'une métamorphe de la trempe de Baltimore Brown puisse essayer de draguer un vampire comme lui. Il était beau, incube et Maître Vampire, mais de là à s'enfoncer les griffes dans la paume parce qu'il ne serait jamais dans le même lit que nous... Et d'ailleurs, quand David avait-il dit que les femmes ne l'intéressaient pas le moins du monde?

Le vampire fut ramené à la réalité en commençant à sentir une présence, lui aussi. Mais de là à savoir qui, quoi et comment... Vraiment, Hippolyte était bluffé par Balti, et se contenterait de la suivre pour le moment. C'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Elle se mit alors à parler, surprenant David par la teneur de ses paroles.

" T'aurais préféré que je me nourrisse de toi? Mais là, je vais te décevoir... je n'aime pas le sang des métamorphes, je préfère largement celui des pauvres et innocents humains! "

Il avait prononcé 'pauvres' et 'innocents' avec cette emphase typiquement ironique. Aucun humain d'aucune sorte n'était bien innocent, ça, il l'avait appris durant sa longue 'vie'. En pleine période d'Inquisition, dans les recoins de l'Espagne Catholique, il avait réussi à trouver un amusement certain dans la séduction des moines et soeurs. Un véritable petit jeu, dans lequel la plupart des ecclésiastiques se jetaient corps et âmes. Et dire que c'étaient les mêmes qui brûlaient femmes, enfants, animaux parfois, le lendemain, en criant à tout le village qu'ils étaient les envoyés de Satan. Ca, ça faisait bien rire le vampire, qui ne pouvait cependant qu'imaginer les scènes, d'après ses propres souvenirs d'exécutions nocturnes.

Une nouvelle fois, Hippolyte fut ramené à la réalité, par une Balitmore qui l'invitait à chasser. Hum, c'est pas de refus! Car maintenant qu'elle lui avait remonté le moral, le vampire avait les crocs. Si vous me permettez cette expression.

" Aucun problème je te suis! Je me rends compte que je suis pas très contrariant comme vampire dis donc... "

Il attrapa la main de Baltimore, remarquant que c'était la valide, et non la blessée. Merci pour cette délicieuse attention, car affamé comme il l'était, David aurait bien pu la lui bouffer, même s'il n'aimait pas le sang métamorphesque, ce qui n'était pas un mensonge au passage. Hippolyte sourit doucement et lança à Baltimore:

" Hé bien... Allons-y! "

Ignace plongea son regard dans celui de la métamorphe, ce genre de regard ambigu où se mêlent amusement, désir et malice. Mais ce que celui du vampire exprimait réellement, même ce dernier ne devait pas vraiment le savoir.
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MessageSujet: Re: Forsaken   Sam 28 Oct - 13:21

Une fois qu'ils furent debout côte à côte, le premier réflexe de Baltimore fut de lâcher sa main et de jauger sa taille en le toisant du regard, se redressant elle-même de toute son impressionnante hauteur dans un geste puéril et royal en même temps .

''Comme vampire ? Tu es très humain . Je ne sais pas si c'est un compliment . Je connais bien nos petits amis d'un soir,'' sourit finement la jeune femme en indiquant des ombres se mouvant sans bruit dans le lointain du parc, mêlées aux troncs et autres brumes montantes, toutes petites encore et d'une minceur effrayante . ''Non ... j'en connais trois . Un quatrième vient de les rejoindre ou de se faire accoster et son odeur ne me dit rien .''

Tant pis pour la quatrième . Elle avait trop envie de tuer depuis le début de cette soirée et elle ne se gênerait pas pour une paire d'yeux brillants dans le noir et intéressés fixés sur sa manière de procéder . Après tout c'était elle qui venait d'avouer être coupable d'espionnage, pas le vampire . Lui avait l'air un peu je-m'en-foutiste pour ce genre de futilités et de toutes façons elle ne le craignait pas . C'était un concurrent barman alors c'était un égal, et le reste n'entrait pas un seul instant en ligne de compte .

Elle se déplaçait de son pas rapide et régulier, à demi-courbée pour que sa grande taille ne soit pas un handicap, narines dilatées, lèvres scellées et plus silencieuse que la brise nocturne et plus mortelle qu'un venin exotique qui s'y déplacerait pour semer l'épidémie . Pas de façons de meneuse malgré sa grande maîtrise du terrain ; elle n'avait jamais chassé en compagnie . Si elle acceptait quelqu'un à ses côtés, il était censé savoir ce qu'il avait à faire . Et sans doute qu'il n'aurait pas compris le langage de chasse et ses barbares subtilités . De toute manière, pour quatre pauvres mortels sans défense, inutile de mettre au point une véritable stratégie .

Il y avait une nouvelle odeur . L'odeur de la peur . Est-ce qu'ils les avaient repérés ? Baltimore ne ralentit pas pour si peu ... mais elle lança un coup d'oeil à Dave pour lui chuchoter dans un souffle, de la voix de chasse, à peine plus qu'un bruissement de vêtements pour celui qui ne se sait pas concerné : ''je crois qu'ils ont un léger différend . Ceux que je connais s'en prennent à celui que je ne connais pas ... non, personne ne fait plus aucun bruit, alors c'est plutôt une embuscade .''

Ils allaient prendre des chasseurs à revers ? comme c'était cocasse .


Dernière édition par le Dim 29 Oct - 13:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Forsaken   Sam 28 Oct - 19:42

Un moment déjà qu’il se laissait guider dans les filets invisibles d’une toute petite brise, un long moment qu’il se promenait, le nez à l’air, les longues étoffes de sa tunique voletant presque surnaturellement autour de lui. A vrai dire, ainsi errant sans but, les yeux, le visage vide aux yeux simples des humains et si épanoui pour les autres, il ressemblait à un fantôme immaculé. Depuis son arrivée, il marchait sans point d’attache, il en oubliait presque pourquoi il était là, pourquoi il l’avait envoyé là… Il n’y avait pas de sortie, il n’y retournerait jamais, c’était un fait et le jeune sorcier sans capacités devait bel et bien s’en rendre compte.

Il se trouva alors dans le parc, en pleine nuit, ignorant tout de la vie post-soleil dans cette ville qui était toujours cette grande inconnue à ses yeux ternes. Et il marchait, marchait toujours, dans les bruits sourds et enveloppants de l’immensité nocturne, se laissant bercer par chaque respiration de la végétation, imaginant encore une fois le paradis qu’il avait quitté il y a encore peu de temps. Seul ses pas l’accompagnaient, seul le froissement de son vêtement l’accompagnaient. Il ne cherchait pas la compagnie, il ne la fuyait pas non plus, il ne savait pas, et c’était là son problème majeur. Lui, petit homme presque auréolé et entouré de la blancheur virginale qui lui avait été refusée à la naissance.

Ses pieds nus frôlaient l’herbe, lui donnant la sensation de planer, les moindres parcelles d’air se faufilant entre ses longs doigts. Un instant, il ferma les yeux et respira profondément. Il sentit presque le paysage tourner autour de lui, il devinait des personnes présentes dans ce parc, il ne reconnaissait pas leurs odeurs, il ne voulait pas les reconnaître. Tout comme il ne voulait pas non plus rencontrer le même chemin qui ces individus. Pourquoi ? Se disait-il, simplement parce que la sensation des « autres » lui était inconnue. On en avait fait un misanthrope passif, un futur ermite, un blasé rêveur… Presque un artiste. Sentant le vent retomber, Blanche-Fleur rouvrit les yeux et tout l’environnement vibrait la faim, l’angoisse… une ambiance trop glauque pour sa petite personne. Rien qui ne lui était habituel. Un frisson parcourut la peau tendre du jeune wiccan, visible sur ses épaules découvertes, c’est comme si la nature retenait sa respiration… Sentiment d’étouffement, d’essoufflement, de cécité. Où était-il donc pour que la seule atmosphère d’un lieu puisse à ce point le rendre faible ? Parce que faible ça oui, il l’avait toujours été, seule son apparence faisait qu’on ne l’approchait jamais, mais il en aurait été autrement s’il avait parut un peu plus « normal ». Un sorcier ayant comme seul pouvoir ses croyances et l’acuité des ses sens…

Un moment qu’il ne bougeait plus, qu’il se sentait vide de tout, et surtout vide de ses anciennes envies. Un moment qu’il essayait de voir par son odorat, qu’il essayait de deviner ce qu’il se passait pour à ce point retenir la nature. Puis une odeur animale lui parvint. Diable c’était fort… A vrai dire, il aurait pu se trouver dans la cage d’un lion que cela aurait pareil. Il y avait des échappés du zoo ? Les animaux de compagnie de cette ville étaient de cet envergure là ? Le nez de Blanche-Fleur se fronça, cette odeur en couvrait une autre. Doucement, il port sa main diaphane jusqu’à ses narines, appuyant sa longue manche dessus. Il espérait juste ne pas croiser cette chose, parce qu’à vrai dire, ce n’était pas avec un sourire qu’il allait s’en tirer. Quoi qu’il se voyait très bien en masse informe dans un estomac… Au moins, il aurait servit à satisfaire quelqu’un ou quelque chose dans sa vie de sorcier inadapté.

[Hu désolé, ça aide à rien...]
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MessageSujet: Re: Forsaken   Mer 8 Nov - 2:29

[ j'inverse l'ordre hein, juste histoire de ... ]

A dix mètres, le Couple Maudit perçut l'approche de Baltimore . A une distance de six ou sept mètres environ, ils la reconnurent . Juste après, ils surent qu'ils allaient mourir . Encore un instant ils restèrent pétrifiés, puis se décidèrent à fuir, même si au fond ils savaient que cela ne les mènerait nulle part ... leur comparse lui chercha une arme, mais ce fut à lui que s'attaqua la métamorphe en priorité, et le revers de griffes qu'elle lui décocha envoya le revolver dans les buissons, ainsi que l'index déjà engagé dans la gâchette . L'homme roula dans l'allée et elle l'abandonna à son compagnon, sautant quant à elle d'un bond sur les fuyards . Elle préférait s'occupper de leur sort personnellement . C'étaient ses amis, après tout ...

Elle s'était transformée presque entièrement cette fois . Tout son corps s'était couvert de couleurs fauves et de rayures d'ombre et sa crinière sauvage se hérissait sur ses épaules où roulaient des muscles terrifiants et ses ongles déployés semblaient une rangée de dents de métal au bout d'un outil de torture démoniaque . Son visage encore reconnaissable était défiguré par l'éclat sanglant de ses yeux qui avaient pris une teinte jaune et une apparence translucide des plus surnaturelles . C'était un beau spectacle, pour qui ne l'avait jamais vu . Elle s'enivrait elle-même, comme les trapézistes en plein spectacle, de la vitesse de ses déplacements que son cerveau humain ne suivait plus . Heureusement que les réflexes étaient là ! Mais elle n'aimait pas trop s'en remettre à eux .

Elle évitait de tourner les yeux vers Dave, décidée à ignorer sa gestion personnelle de la situation, et surtout à ne pas se laisser envahir par des pulsions plus barbares encore . C'était déjà assez prenant de terrasser deux proies dans la force de l'âge ; et sans parler du dernier larron, qui n'était pas encore apparu à Baltimore, même si elle sentait qu'il n'avait pas eu le temps de s'enfuir . Il fallait qu'elle le surveille du coin de l'oreille tout en combattant : elle n'était pas immortelle, elle . Mais elle devait pouvoir confier son sort à son compagnon de chasse, sinon à quoi bon l'avoir invité ? Après tout les vampires aussi chassent en meute parfois . Ou plutôt en couple . Elle savait qu'ils étaient incapables de former des meutes cohérentes .

Ses crocs se plantèrent dans la gorge de la seconde victime, avec un rugissement sourd ... et elle aperçut soudain deux yeux qui brillaient dans l'ombre du chemin devant elle : la troisième ? Non, peut-être que celle-là aussi serait pour le vampire . Elle se contenterait de la rabattre . Il était évident que la peur y suffirait amplement . Le visage éclaboussé de sang, tigré et grondant, découvrant son rictus sur une mâchoire impressionnante et luisante, elle lâcha le cadavre tressautant entre ses bras, qui s'écroula dans un bruit d'os brisés, et marcha vers l'inconnu . Tant pis pour lui, il était beau ... mais il l'avait vue .
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Jeu 9 Nov - 1:29

David ne savait pas vraiment pourquoi il avait accepté de chasser avec Baltimore. Elle était une métamorphe, lui un vampire: leurs méthodes étaient différentes. Ca n'irait sûrement pas, et quelque chose viendrait tout faire foirer. Voilà comment Dave voyait les choses actuellement: avec un pessimisme cynique et pragmatique.

Néanmoins, il dut avouer que cela ne se passa pas comme il l'avait prévu. Balti, qui s'était maintenant presque totalement métamorphosée, s'était jetée sur le couple, faisant gicler le sang sans réelle élégance. L'attaque Brownesque était vraiment bestiale, mais quand Hippolyte tournait les yeux vers cette dernière, il se dit que rien n'était plus logique.

En ce qui le concernait, lui le Maître Vampire, hé bien il lui restait une proie. Pour lui tout seul, de quoi le nourrir suffisamment pour tenir une autre nuit sans chasser. Hippolyte avait flairé l'odeur de ce dernier, une odeur où se mêlait avec raffinement la peur. Il s'en approcha, silencieux et quasi-invisible, et lui sauta dessus avec grâce, comme un chat sauterait sur une souris. L'analogie n'était pas totalement incongrue, car David fit preuve de la même félinité alors qu'il plantait ses canines dans la carotide de sa pauvre proie. Voilà qui était réglé.

Enfin, pas tout à fait. Alors qu'il cherchait un moyen de s'approcher de la proie qu'il tenait entre ses bras, inerte, David avait flairé une autre présence. Des bruits de pas... Cette quatrième personne était discrète, mais pas assez pour un couple chasseur métamorphe-vampire. Il allait lui aussi y passer, il n'y avait pas de raison. Hippolyte finit proprement de manger, comme il savait le faire depuis des siècles - ça lui avait tout de même pris une centaine d'années avant de savoir manger sans mettre de sang partout - et se tourna vers Baltimore.

Il fit un geste discret de la tête, se refusant à parler. Il ne connaissait pas non plus les gestes spécifiques à la chasse, car il avait l'habitude de chasser seul ou avec quelqu'un qu'il connaissait bien. Ils n'avaient jamais besoin de se parler pour se comprendre: un regard suffisait. Et là, force était de constater que David doutait que Baltimore puisse le comprendre en un seul coup d'oeil. Mais elle avait du repérer l'intru également... Alors elle devrait piger.

David eut confirmation en la voyant s'approcher du bel inconnu. Car en avançant lui aussi, le vampire admira la beauté pure de ce garçon. Bon, c'était peut-être pas le moment de draguer, même si en tant qu'incube, cela pouvait faire partie de sa chasse. Mais c'était quand il était seul ou avec un autre vampire. David doutait que Balti irait le séduire avant de le mettre à mort. Seulement... Le vampire avait l'impression qu'ils n'étaient pas devant un simple humain. Son intuition était forte, elle lui criait presque dans les oreilles, et ça commençait à lui vriller les tympans. Mais s'il n'approchait pas, il ne saurait jamais. Alors il suivit Baltimore, jusque devant Blanche-Fleur.
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MessageSujet: Re: Forsaken   Lun 13 Nov - 14:15

L’odeur se rapprochait. Fermant les yeux brusquement, il écouta. Il écouta les bruits de déchirements, les craquements, la chair qui s’écarte qui se divise. Il ne bougea pas, il ne viendrait en aide à rien, personne ne l’aidait, alors zut. Il restait immobile, son estomac se retournant à chaque gargouillement plus ou moins écœurant, et il remarqua qu’il y avait un autre tueur, plus délicat, presque propre dans ses faits. Certes, mais il était quand même proche de deux choses qui tuaient, qui buvaient le sang et dévoraient la chair. Mais il était là, figé, fantôme immaculé et impassible. Puis plus rien, aucune bruit, presque plus de vie d’après Blanche-Fleur. Le vent souleva légèrement sa tunique faisant bruisser le tissu, et faisant voleter ses cheveux argentés. Il rouvrit les yeux, les pupilles dilatées, cherchant à percevoir quelque chose dans ce noir morbide, dans cet univers malsain bordé de verdure chatoyante. Mais pour l’instant, celle qu’il avait toujours considéré comme une alliée l’avait abandonné et c’était bien dommage pour un sorcier sans autre don que sa beauté et sa voix…

Devinant et sentant les deux silhouettes qui se rapprochaient, il eut un léger mouvement de recul. Etait-ce ce dont le premier humain lui avait parlé ? Des vampires ? Des hommes capables de tuer leurs semblables pour se repaître de leur substance vitale ? Un frisson au doux parfum de peur sur la peau nacrée du jeune wiccan. Dans de pareils moments, il regrettait presque sa vie avec son Maître… L’odeur de fauve se mélangeait à celle du sang, lui brûlant presque les parois nasales. Diable, il aurait aimé vendre la sensibilité de son nez au lieu de se trouver au bord de l’asphyxie. Les relents métalliques sanguins le dégoûtaient sans qu’il puisse savoir pourquoi. Puis il les vit mieux. En même temps, les deux individus se rapprochaient de lui dangereusement. Non, ne pas bouger, ne plus reculer, ne même pas essayer de parler. Surtout pas. Il vit alors que l’un des deux était ce qui semblerait être une femme, et que l’autre était plus grand que lui et plus « raffiné » que l’autre dame. Etait-il tombé sur un couple de satanistes fétichistes ? Non quand même pas.

Il les regarda alors chacun leur tour, se murant dans son silence, son odeur subtile et pas totalement humaine, presque au dessus de celle-ci, l’entourant. Il fixa alors un point devant lui. S’il venait à mourir maintenant, tant pis… Au moins, il avait déjà touché du bout des doigts quelqu’un, certes dans un cimetière, mais c’était assez pour que le jeune homme puisse se sentir bien. En même temps, son imagination n’était pas encore assez débordante pour imaginer la véritable nature de ses futurs compagnons de « jeux ». Et il préférait ne pas deviner. Ils étaient si près qu’il aurait pu les toucher en tendant les bras. Il pouvait sentir leurs respirations respectives, il pouvait s’enivrer de leurs odeurs, il pouvait essayer de dessiner leurs visages. Sans bouger, prêt à déguerpir rapidement, prêt à se fondre dans l’environnement pour disparaître de leur champ de vision, de changer de genre pour les duper. Pour ensuite s’éteindre lamentablement, car tout ce qui était sorcellerie ne faisait pas réellement bon ménage avec lui. Son aura et celle de la Nature lui suffisaient largement comme pouvoir et comme protection, même si elle étaient bravées facilement, trop facilement.

Au fond, Blanche-Fleur avait le profil type et parfait de la victime innocente, pas les fausses qui cachent sous leurs yeux de biches une perversité sans limites ! non… une réelle naïveté à en faire pâlir le pire ingénu, le pire candide présent sur terre. Il ne savait rien des autres, il ne se connaissait pas lui-même, il pouvait boire les paroles d’un simple marchant comme d’un lord passant par là… Attitude révolue maintenant autour de lui, dernier exemple d’une ancienne lignée de pureté…
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Baltimore Browne
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MessageSujet: Re: Forsaken   Mar 14 Nov - 5:06

Tiens, il n'avait pas peur, en fait, celui-là ? En tout cas il ne bougeait pas . Pour une rabatteuse c'était fort agaçant . Mais ''hérissée'' comme elle l'était, Baltimore n'osait pas se jeter sur lui pour provoquer la réaction, craignant de se prendre à son propre jeu et de détruire purement et simplement la proie de Dave . Elle doutait que le vampire tienne à se repaître des lambeaux agonisants de la victime d'une attaque métamorphe . Elle-même adorait se disputer ''gentiment'' une proie avec d'éventuels compagnons de jeu, mais avec le vampire ça l'aurait un peu gênée de toute façon .

Au fait, il venait le chercher son dessert ou pas ? Elle le chercha des yeux et le vit converger avec sa propre trajectoire, l'humain pris dans une tenaille parfaite . Tu ne lis pas mon esprit, hein, vampire ? Tu n'oserais pas . Un feulement gronda un instant dans sa gorge et prise d'une âpre soif elle dut se détourner ; une sourde brûlure intérieure l'envahissait comme une fièvre dévorante . Non, c'était tout simplement un chasseur lui aussi . Inutile de chercher plus loin . Et ce signe de tête pour indiquer leur dernière proie ? Sans doute pas ce qu'elle avait imaginé par réflexe au prime abord, c'est à dire ce geste discret qui chez les léopards correspond au franc contact des meutes de loups ; sans doute pas une interdiction de toucher à l'inconnu parce qu'il était sous sa protection ... Pourquoi un vampire protégerait-il un humain ? Même ( indiscutablement ) pas mal foutu . Non, Dave avait évidemment reproduit cette gestuelle symbolique par hasard .

Non, Dave n'était pas un adversaire .

Et puis il y eut un éclat sombre et malheureux dans le regard jaune et phosphorescent de Baltimore et elle se recroquevilla sur le sol, vaincue . Ce qui se redressa était tout sauf Baltimore Browne . C'était également tout sauf un fauve normalement constitué . Et de toute évidence, si c'était ce qui se faisait de mieux à l'époque en matière de métamorphe du Pard de Saint-Louis, ce n'était pas du tout le genre de spectacle que l'on peut se permettre de contempler .

Une large patte horriblement griffue luit un instant à la lumière artificielle voisine en ramenant l'un des cadavres à portée de crocs, et sans cesser d'observer les deux bipèdes encore debout à ses côtés d'un air amusé où se devinait une sorte de sourire carnassier, entreprit de le déchiqueter méthodiquement, comme ces sorte de mise en garde que l'on se permet de donner parce qu'on sait bien que toute parade est impossible . La bête énorme dégageait avant toute chose une incroyable impression de liberté, à laquelle la vraie Baltimore semblait toujours tendre et ne jamais atteindre . C'est peut-être ce qui la rendait le plus effrayante .
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Mer 15 Nov - 11:29

David était un peu perdu. Il n'avait jamais chassé en compagnie d'une métamorphe, et surtout de la trempe de Baltimore. Ces derniers siècles, ses chasses étaient souvent solitaires, et il s'était habitué à agir seul. Là, il avait soit l'impression de marcher sur les plates-bandes de Balti, soit que ce soit elle qui empiète sur les siennes. Pas facile de trouver sa place! On improvise alors!

Le geste de la tête d'Hippolyte sembla être mal compris de Baltimore, avant d'être finalement interprêté correctement: non, David ne protégeait pas cet humain, qu'il ne connaissait pas de toute manière. Blanche-Fleur était certes spécial, bizarre, étrange, tout ce que vous voulez, et aussi bien foutu, canon, bandant, mignon, sexy, tout ce que vous voulez, mais David n'était pas le genre de vampires à protéger inconsciemment une proie en invoquant ces futiles raisons. Il commença à s'approcher de ce dernier sans bruit.

Blanche-Fleur les avait vu. Ou plutôt, senti... Sûr que ce garçon n'était pas un simple humain. Quelque chose émanait de lui, une impression, un sentiment... David se stoppa. Il comtempla un moment l'humain debout devant lui, silencieux. Aucune expression sur son visage, à l'instar de celui d'Hippolyte: le vampire jaugeait sa proie. Qui était-il? Qu'était-il? Que faisait-il ici? Devait-il à tout prix le mordre? Si les premières réponses du vampire étaient hésitantes, son for intérieur de pur membre du club très fermé des canines proéminentes lui criait 'Oui!'. Ainsi soit-il.

Mais il n'en eut pas encore le loisir, car Baltimore changea encore. Il se tourna vers elle, et ne la vit pas. Il vit une bête, au plus parfait milieu du chemin séparant l'homme de l'animal - chemin pas si long que ça d'ailleurs. David fut abasourdi de voir une telle créature: elle était belle, elle était effrayante, et elle était puissante. Mais elle semblait occupée avec son bout de viande. D'accord, David devrait s'occuper de l'humain seul, du moins pour l'instant.

Le vampire s'avança vers Blanche-Fleur, et sans gestes brusques, il l'entoura de ses bras. Il serra: l'humain ne pouvait plus bouger. Hippolyte l'avait enserré de telle manière à se retrouver derrière l'humain, et prit son temps, immobilisé comme ce dernier l'était. Il huma son cou, y passant sensuellement la langue. Qu'il était doux de savourer un humain si innocent, si beau, si jeune et si exceptionnel! David fourra sa tête contre le cou de ce dernier, lui caressant l'arrête de la mâchoire avec celle de son nez si fin. Ses mains, bien qu'empêchant toujours Blanche-Fleur de bouger, se mirent à caresser la peau de ce dernier à travers ses vêtements. L'odeur de la pureté, celle de la peur aussi. Quel mélange envoûtant! David essaierait de faire passer le même message par un nouveau cocktail, mais jamais il n'égalerait ce parfum extraordinaire qu'exhalait Blanche-Fleur.

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Blanche-Fleur
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MessageSujet: Re: Forsaken   Dim 19 Nov - 12:07

La Fleur arrêta toute pensée possible, sentant malgré lui son cœur s’accélérer, sa respiration se désordonnant un peu. Bref, il avait peur sans savoir de quoi, les deux ombres ayant disparu de sa faible visibilité, l’entente simple de morceaux de chairs déchiquetés et parfaitement savourés lui retournèrent un instant l’estomac. Non, c’était impossible, il devait rêver… Il distinguait une silhouette plus basse qu’avant mais l’autre… Ou était l’autre ? Disparue ? Envolée ? En plus d’être des surhommes anthropophages, ils pouvaient disparaître dans la nature sans un mot ? Blanche-Fleur déglutit doucement. Il préféra rester impassible, attendre, chercher le bruit d’un simple mouvement ou même le fil d’une odeur. Mais plus rien. C’était comme s’il avait perdu ses sens, sans les avoir tués tout à fait. Il se sentait lui, il s’entendait lui. Jusqu’au moindre battement de cœur, il sentait l’odeur de la peur se coller à sa peau, il savait surtout qu’il ne devait pas bouger… Seules ses prunelles se permirent des mouvements. A gauche, à droite… Rien… Ce bruit simple de repas frugal. Ne pas paniquer. Ne rien montrer de soi-même. Et surtout ne pas parler. Jusqu’à…

Jusqu’à ce qu’il se trouve dans l’incapacité de bouger tout simplement, entouré de bras puissants. Et là tout lui revint, les odeurs, les bruits, les mouvements. C’était comme si son esprit s’était posé à coté de son corps un instant, le laissant encore plus vulnérable. Mais une autre gêne serra les entrailles du jeune wiccan. Il aurait voulu s’échapper, hurler au blasphème, hurler comme une sainte, courir dans l’herbe, se fondre dans la nuit, dans la nature. Une chose était dans son dos, le touchait, lui empêchait tout mouvement. La respiration de la Fleur s’accéléra, mais toujours rien sur son visage. Et pourtant, il avait mal. On ne s’était jamais approché de lui, la proximité le blessait, il n’en savait rien, ce que c’était pourquoi… Les mains longues et fines du jeune humain se crispèrent, se refermèrent, à en faire blanchir ses articulations. Il devait le lâcher, la créature devait le lâcher… Puis tout le corps de Blanche-Fleur se crispa, chaque muscle en tension… On le sentait, il l’identifiait avec son odeur, on fouillait son être juste comme cela. Quelqu’un osait. Mais rien, ni un mouvement, ni les yeux défaillant de leur expression. Ne pas bouger.

Mais là, mouvement de fuite du wiccan. Il ne savait pas ce que l’autre lui avait fait, mais le contact dans son cou ne lui était ni familier, ni agréable, il était plutôt gênant et… mouillé. Frisson de dégoût et de peur, mêlé à bien d’autres choses que le jeune humain n’aurait pu qualifié. Il ne connaissait pas ce genre de sensation, il ne savait relativement pas. Il haïssait l’Autre. Des mains bougeant sur son corps. Cherchait-il à graver dans sa mémoire l’image du wiccan comme celui-ci faisait parfois lorsqu’il découvrait une nouvelle fleur ou un nouvel objet ? Sentant le visage de l’inconnu dans son cou, savant particulièrement qu’il était un être faible et dénué de tout pouvoir. La honte de la Sorcellerie. Il avait peur, très peur. Et son nez le lui disait. N’importe quel chien bâtard et à moitié infirme aurait pu le savoir, tellement l’odeur se propageait rapidement. Au secours criait la conscience du jeune humain. On le lui avait dit qu’il était une proie parfaite, un apéritif avant le festin. Il se détestait à l’instant, il aurait préféré rester à brailler sur son bout de trottoir, mourir de faim, et que jamais le Maître de ne le recueille. Il ne voulait pas que cette chose derrière lui le touche encore. Nouveau mouvement de fuite, bref mais assez violent compte tenu de la fragilité maladive du corps fin et presque auréolé du jeune homme. Sa bouche s’ouvrit, se referma, furtivement. Non, sa voix ne devait pas sortir. Pas elle, pas cette partie de lui qui aurait mis n’importe quel homme légèrement sensible et avec un minimum de réflexion, à ses pieds. Mais il gémit. Une plainte sourde et pitoyable. Il fallait qu’on le lâche. C’était obligé. On ne devait pas, on ne devait pas !! Non…

Il sentit ses cheveux caresser doucement sa peau. Le vent encore. Suffisant à le faire frémir de nouveau de peur. Sa tunique dessinant son corps comme une sorte de linceul… Blanche-Fleur prit une initiative, pas la bonne certes, pas pour lui en tout cas. Ouvrant la bouche légèrement, appréhendant ce moment, il réussit enfin à prononcer doucement :

« Non… »

Quel effort, et déjà sa voix cristalline et chantante, brillante et raffinée, veloutée et voluptueuse résonnait au fond de son esprit comme le pire de tous les carillons…
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MessageSujet: Re: Forsaken   Dim 19 Nov - 14:23

L'immense ombre étrange du grand félin roula paresseusement sur le dos, tenant entre ses pattes les lambeaux du cadavre de la femme, dont elle rongeait le crâne avec distraction, avant de refermer lentement sur lui ses mâchoires jusqu'à le faire éclater dans un craquement sinistre . Ses yeux d'or fauve restaient attachés sur ce qui restait de vivant dans le Carré Français à nouveau calme et silencieux autour d'elle . De beaux longs yeux en amande, ourlés de cils presque humains qui comme ceux des humains battaient parfois sans raison . La bête se pourlécha les lèvres un instant, suivant avec un intérêt courtois le lent ballet du vampire encerclant sa proie de son unique présence .

Elle pouvait sentir monter l'excitation, mais ne reconnaissait pas seulement celle de la chasse ... Ses oreilles se couchèrent en arrière et dans un grondement étouffé elle se remit sur ses pattes avec une légéreté inattendue chez une pareille force de la nature ... si toutefois la nature avait quelque chose à voir là-dedans .

Un instant elle secoua sa crinière qui jeta dans l'ombre même où elle se trouvait des flamboiements . Elle parut hésiter puis se mit en marche . Et elle parla .

Baltimore avait en toute circonstance un timbre de voix particulier et tout à fait éloquent . Elle savait en user pour renforcer son charisme et influencer l'auditoire, et comptait travailler ce don particulier une fois membre du barreau . Mais dans son gosier de bête, la profondeur de cette voix argentée comme la lune et où l'on devinait un rugissement prêt à s'échapper devenait fascinante comme pour le rongeur le regard du serpent . Une voix qui n'aurait jamais dû retentir, quoi de plus passionnant ? Surtout compte tenu de la mortelle puissance dont elle se faisait l'ambassadeur .

''Laisse ça, vampire, ou je te tuerai . Et pourtant sache-le, je n'ai plus faim .''

Ce qu'il y a de plus auto-destructeur dans le défi et de plus insouciant dans la folie résonnait joyeusement dans ces mots sans réel accent tonique, mais plus clairs que la déclamation de l'acteur tragique .

Dans l'intervalle d'une seconde elle fondit brutalement sur les deux silhouettes debout, en un bond fulgurant qui la rendit presque invisible l'espace d'un instant, les esquivant d'extrême justesse et se plaçant en posture de sphinx juste à côté de Dave et de la proie . A nouveau ce sourire à glacer le sang dans les veines étira ses babines noires sur ses crocs monstrueux, faisant très nettement entendre quelles affres attendaient l'humain dont quelque chose, peut-être la simple attention que lui accordait son agresseur, avait eu le malheur de déplaire à la grande Baltimore Browne .

''Disparais de mon territoire, immortel, ou je te ferai mortel .'' C'était dit presque aimablement ... Au fond de la bête, Baltimore hurlait, mais il y avait trop de silence alentour dans cette âme qui n'en était plus une, et ses cris s'y perdaient comme les larmes sous la pluie .
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David de Sainte-Croix
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MessageSujet: Re: Forsaken   Lun 4 Déc - 13:37

Autour de l'humain flottait une aura très reconnaissable: David feignit de ne pas l'avoir sentie. Il serrait toujours Blanche-Fleur contre lui, se délectant de l'odeur suave et délicate de sa peau, si douce et tendre. Ce bout d'humain était magnifique, d'un genre très rare. Fleur était une perle, et David, en ce moment même, la voulait pour lui tout seul.

Mais Baltimore, ou plutôt la bête qui était à sa place, ne voyait pas les choses de cet oeil. Elle se mit à feuler avec autorité, ordonnant au vampire de lâcher prise: l'effet ne fut pas long. Hippolyte lâcha l'humain aussi vite que l'on lâche une patate chaude. Il ne voulait pas d'ennuis avec la métamorphe, et un humain, même de la trempe de Blanche-Fleur, n'en valait pas la peine. David se recula, inclina lentement la tête en signe de respect, vers Baltimore, mais celle-ci bondit.

Elle arriva en position du sphinx aux côtés du vampire et de l'humain. David était hypnotisé par la vue si improbable d'une métamorphe en complète transformation. Elle l'avait menacé de mort... elle était si intrigante, si puissante... A vrai dire, David n'avait pas peur: il était mort de trouille. Il sentait la peur s'insinuer dans chacune de ses veines, atteignant avec effort les plus minces capillaires de ses doigts, jusqu'à ce que la peur se transforme en terreur. Mais il était incapable de s'enfuir: ses jambes, comme le reste de son corps, ne répondaient plus. Il était paralysé face à ce qui était Baltimore Brown dans sa forme animale. Plus majestueuse que tout ce que le vampire aurait pu imaginer. Dans son esprit embrouillé, il formula avec difficultés l'hypthèse que les vampires n'aimaient pas les métamorphes simplement parce qu'ils n'aimaient pas avoir peur. Cela se tenait, non?

Et puis, comme un déclic, alors que Baltimore parlait, ordonnant à l'humain de déguerpir, David retrouva l'usage de son corps, momentanément paralysé. Et la première chose à laquelle il pensa, c'était fuir. Loin, vite, plus vite que Baltimore, pour qu'elle ne le rattrape pas... Non il avait trop peur, et le lever de soleil n'était pas loin... Il aurait besoin de plus de repos que d'habitude, après une nuit si mouvementée.

Ni une, ni deux, Hippolyte pris les jambes à son cou, et courut comme un dératé loin, loin du parc, loin de Baltimore et loin de Blanche-Fleur, malheureusement. Comment il allait se justifier la prochaine fois qu'il rencontrerait Balti, ça il n'en savait rien, mais il savait qu'il n'avait pas eu la moindre envie de rester davantage auprès d'une créature si belle et si terrifiante.
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